Filières aéronautiques

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Comment devient-on pilote de ligne ?

De manière factuelle, on devient pilote en acquerrant une licence de pilote (l'équivalent du permis de conduire).

Il existe trois licences :

  • Licence de Pilote Privé (PPL)
  • Licence de Pilote Professionnel (CPL)
  • Licence de Pilote de Ligne (ATPL)

La première s'acquiert en aéroclub ou dans des écoles de pilotage, présents sur la plupart des aérodromes français. Les deux suivantes s'acquièrent dans des écoles de pilotage ou centres de formation homologués (FTO) dont la liste, plus restreinte, est disponible auprès de la Direction Générale de l'Aviation Civile

DGAC
50, rue Henri Farman
75720 PARIS CEDEX 15
tél. : 01.58.09.43.21
www.dgac.fr

Pour exercer le métier de pilote de ligne sur avions multipilotes (exploités avec un équipage composé d'au minimum 2 pilotes, ce qui est le cas de la plupart des avions de transport public), le  Pilote ("copilote") doit posséder au moins la licence de pilote professionnel (CPL), plus la qualification de vol aux instruments (IR) et avoir passé avec succès l'examen théorique de pilote de ligne (ATPL théorique);

Le Commandant de Bord doit posséder la licence de Pilote de Ligne (ATPL).

Quatre voies principales permettent d'accéder à ce niveau de formation

  • La filière privée (autodidactes finançant leur formation)
  • La filière militaire (Armée de l'Air ou Marine Nationale)
  • La filière d'Etat (EPL = Elève Pilote de Ligne, par l'Ecole Nationale de l'Aviation Civile et le Service d'Exploitation de la Formation Aéronautique de la DGAC)
  • La filière Pilote Cadet (récemment mise place à Air France)

1. Formation privée

Dans la filière privée, le pilote doit assurer lui-même le financement de sa formation, pour un coût total de 60.000 à 92.000 Euros (CPL-IR + ATPL théorique ou ATPL intégré).

Voir la liste des écoles (site DGAC) et les nombreuses publicités dans la presse aéronautique

2. Formation militaire

Dans la filière militaire, la formation aux licences militaires est assurée (et financée) par l'Armée de l'Air ou la Marine pour des durées d'engagement variant de 12 à 20 ans. A la suite de ce contrat, les licences militaires peuvent être transformées en licences civiles, moyennant un complément de formation souvent pris en charge par l'Armée  de l'Air ou la Marine, dans le cadre d'un programme de reconversion.

Voir le site de l'Armée de l'Air ou consulter le minitel 3614 ARMEEAIR
Voir le site de la Marine Nationale ou consulter le minitel 3615 MN

3. Formation d'Etat

La filière d'Etat permet chaque année à quelques dizaines de lauréats de bénéficier d'une formation CPL-IR + ATPL théorique, prise en charge par l'Etat (Budget Annexe de l'Aviation Civile), après un concours organisé à plusieurs niveaux (filières "S", "U" et "P").

La filière "S", la plus importante, s'adresse à des jeunes de 17 à 23 ans d'origines diverses, principalement de classes préparatoires scientifiques (ou DEUG, BTS, DUT scientifique), pour des épreuves de niveau Math Sup.

La filière "U" s'adresse à des jeunes de 18 à 28 ans, titulaire d'un diplôme scientifique Bac + 2 et de l'ATPL théorique.

La filière "P" s'adresse à des jeunes de 17 à 26 ans, titulaire du baccalauréat, de la licence de Pilote Professionnel (CPL) et de l'ATPL théorique.

Voir le site de l'Ecole Nationale de l'Aviation Civile ou consulter le minitel 3616 ENAC

Ecole Nationale de l'Aviation Civile
7, avenue Edouard Belin
BP 4005
31055 TOULOUSE CEDEX 4
Tel: 05.62.17.40.00

4. Formation Pilote Cadet Air France

La filière Pilote Cadet, dont le premier concours a eu lieu en 1999, est une filière spécifique à Air France, créée paritairement avec le SNPL France ALPA.

La formation en est entièrement financée par Air France, mais le Pilote Cadet participe à une partie de l'investissement (à hauteur d'environ un tiers du coût de sa formation initiale) au travers d'une rémunération spécifique après son embauche à Air France.

Elle s'adresse à des jeunes, titulaires d'un bac "S", "STI", "STL" ou "ES", de 18 à 27 ans ; à ceux d'un niveau classes préparatoires ou titulaire d'un diplôme Bac + 2 (DEUG, BTS, DUT) ou plus, de 18 à 21 ans pour ceux titulaire d'un ATPL théorique (18 à 23 ans jusqu'en 2003).

Voir le site d'Air France, rubrique Carrières et emploi / Des métiers et des hommes / Pilote

Air France
Unité de Sélection Pilote
BP 601111 Villepinte
95975 ROISSY CDG CEDEX

Combien de pilotes sont formés dans chacune de ces filières ?

1. Formation privée

On peut estimer à environ 500 par an le nombre de pilotes ayant suivi une formation privée ces dernières années.

2. Formation militaire

Actuellement, l'Armée de l'Air recrute 100 à 150 pilotes par an au niveau Bac (EOPN / ORSA) et 50 à 80 au niveau Math. Spé. (Ecole de l'Air).

De son côté la Marine Nationale recrute environ 35 à 40 pilotes par an au niveau Bac à Bac + 3 (EOPAN) et 15 à l'issue de l'Ecole Navale.

3. Formation d'Etat et Pilote Cadet

En 1999, l'ENAC a sélectionné 30 EPL (18 EPL "S", 6 EPL "U" et 6 EPL"P"), 45 en 2000 (36 "S", 5 "U" et 4 "P"), 52 en 2001 (51"S" et 1 "P") et 48 en 2002 (47 "S" et 1 "P").24 Pilotes Cadets Air France ont été sélectionnés à l'issue du concours 99, puis 57 en 2000, 37 en 2001 (pour 48 prévus).

Le concours 2002 prévoit 64 pilotes cadets.

A terme, ces deux filières devraient permettre de recruter 120 à 150 pilotes par an.

Vers quelle formation vaut-il mieux s'orienter ? Quels sont les débouchés ?

Il faut savoir que depuis 10 ans (entre 1989 et 1998), environ 6500 pilotes professionnels ont été formés par les nombreuses écoles de pilotages, en grande majorité par le biais d'une formation privée.

Seuls 2700 ont été embauchés par les compagnies aériennes françaises, dont 1700 (70%) entre 89 et 92.Bilan : environ 3800 pilotes en attente d'une embauche éventuelle.

Mais la plupart d'entre eux semblent y avoir renoncé puisque les chiffres de l'ANPE (ne) font état (que) d'environ 1200 pilotes demandeurs d'emploi (chiffre décembre 99).

Plus récemment, rien qu'en 1998, 679 nouvelles qualifications de vol aux instruments ont été délivrées à des Pilotes Professionnels, alors que l'ensemble des compagnies françaises estime leurs besoins à environ 300 pilotes par an pour les 3 prochaines années.

Parmi ces nouveaux postulants à un emploi de pilote, de nombreux candidats échouent aux tests de sélection mis en place dans la plupart des compagnies, bien que possédant l'ensemble des licences et qualifications requises.

On peut dire que :

   

La totalité des Pilotes Cadets  seront embauchés à Air France (sous réserve de réussir leur formation),

La quasi-totalité des EPL (pilotes issus de la filière d'état SEFA/ENAC) trouvent un emploi dans les compagnies aériennes de 1er  niveau (dont 80 % à Air France),

50 à 75% des pilotes issus des formations privées ne trouvent pas d'emploi correspondant à leur formation.

Nous déconseillons donc très fortement à quiconque de se lancer dans une formation privée, à moins d'avoir subi préalablement des épreuves de sélection de la part d'un employeur futur et d'avoir des promesses formelles d'embauche.

Avertissement à tous ceux qui se destinent à une carrière de pilote

Chaque année, des dizaines, voire des centaines de jeunes ou moins jeunes, se "lancent" à leurs frais dans une formation de pilote.

Il semblerait que cette ruée ait débuté entre les années 88 et 91, alors que la plupart des compagnies françaises étaient à la recherche, parfois à grande publicité, de pilotes.

Bien qu'Air France, principal employeur de pilotes, ait arrêté ses recrutements en 92, ainsi que la formation de 200 ab-initio, plus 500 pilotes ont passé leur IFR chaque année depuis cette date (485 en 93, 564 en 94, 563 en 95, 581 en 96, 589 en 97, - chiffres du Bureau Brevets et Licences de la DGAC-).

Aujourd'hui, l'ANPE estime à 1400 le nombre de pilotes demandeurs d'emploi, titulaires du PL théorique et du PP-IFR (chiffre pouvant être ramené à 1100 d'après l'étude en cours). De son côté, Air France a reçu environ 1600 dossiers de candidats à l'embauche. L'immense majorité d'entre-eux sont des "autodidactes" (par opposition aux "ab-initio" formés par l'Etat ou par Air France et aux "militaires", même si ces "autodidactes" sont parfois passés par les mêmes écoles) puisque seuls 200 EPL restent encore sur le "marché".

Tout laisse à penser, on ose à peine le dire, que la moitié d'entre eux ne trouveront pas d'emploi dans une compagnie aérienne française !

Des explications :

Lors de la Table Ronde sur la formation, les employeurs (FNAM, SCARA) et la DGAC ont estimé que moins de la moitié de ces 1100 à 1400 demandeurs d'emploi se verraient un jour proposer un emploi dans une compagnie aérienne. De son côté, Air France a estimé entre 400 et 600 le nombre de pilotes susceptibles d'être sélectionnés sur les 1600 dossiers reçus. Ces chiffres, qui restent à confirmer, semblent être suggérés par l'idée que les examinateurs/contrôleurs de l'administration et/ou du Jury des Examens se font d'eux.

Il faut noter qu'aucun représentant des écoles de pilotage, pourtant présent à cette Table Ronde, n'a jugé nécessaire de mettre cette estimation en doute. Mieux : les rapports de cette réunion citent explicitement le "niveau hétérogène" des formations dispensées.Pire : en privé, des responsables de centres de formation privés avouent qu'ils ne recommanderaient pas certains de leurs élèves à d'éventuels employeurs !

Il faut donc, hélas, le claironner haut et fort :

tous les PP IFR ne se valent pas, bien qu'ils aient la même licence,

plus de la moitié des pilotes, qui se sont endettés de l'ordre de 300 à 800 KF, l'ont probablement fait en pure perte !

Oui, c'est dur, et en disant cela on imagine l'immense découragement que cela peut susciter et la réprobation offusquée que nous allons déclencher chez les formateurs.  Mais il faudra bien que nous nous décidions à mettre enfin un terme à cette supercherie, à ce scandale. Car il s'agit bien de cela. Le métier de pilote de ligne fait rêver des milliers de jeunes. Des dizaines d'écoles les invitent à se lancer dans une belle carrière qui les conduira, à piloter un jour les plus beaux jets, dans de grandes compagnies. Regardez donc les publicités dans votre magazine aéronautique préféré !Alors, forcément des centaines de passionnés y croient (300 à 500 pilotes par an depuis10 ans !)

Seulement, aucune école ne garantit un emploi à la sortie. Même celles pourtant "affiliées" ou filiales d'une compagnie aérienne. Insidieusement elles n'hésitent pas à citer à leurs "clients" le nombre (ou les noms) de ceux issus de leur école, qui ont trouvé un emploi.Personne ne dresse par contre la liste, hélas longue, de ceux qui n'ont toujours pas trouvé un emploi.

La raison de tout ce gâchis ?

Les écoles forment, depuis début 90, beaucoup plus de pilotes que le marché n'en absorbe (parce que cela rapporte beaucoup d'argent).

Les compagnies structurées ne se contentent plus (ou pas) d'embaucher de simples pilotes au seul vu d'une licence PP IFR (même accompagnée d'une FPC ou d'une FTE) mais recherchent des personnes dont le statut dans l'entreprise se rapproche davantage de celui d'un cadre (parfois de haut niveau, compte tenu des salaires) que de celui d'un ouvrier. Beaucoup de candidats-pilotes ont été conduits à croire que la motivation est la seule qualité nécessaire et suffisante pour parvenir à exercer ce métier.C'est hélas oublier qu'un avion est un outil de production très coûteux, de plus en plus sophistiqué, transportant des clients de plus en plus difficile à fidéliser.Les entreprises sérieuses ne confient donc pas leurs avions à de simples exécutants - même bons pilotes - d'autant que l'équipage de base se réduit maintenant généralement à deux pilotes (ce qui ne permet plus d'erreur dans le choix de l'un des membres de l'équipage).

L'amélioration de la sécurité des vols passe, par ailleurs, de plus en plus par la prise en compte des "facteurs humains". Une bonne gestion des ressources humaines et des systèmes dans les postes de pilotage nécessite de la part des pilotes autant de qualités "humaines" (comportementales, intellectuelles) que de qualités "techniques" (gestuelles, manuelles, connaissances).

La motivation ne suffit pas ! Il faut le dire.

Une solution

La solution idéale passe probablement par une présélection par le ou les futur(s) employeur(s) avant que les candidats "autodidactes" ne se lancent dans le financement d'une formation de pilote.     Peut-être faudra-t-il lancer un appel collectif aux compagnies pour mettre en place un tel processus. A défaut, les candidats-pilotes doivent être prêts à investir à perte avec une probabilité de retour sur investissement (d'embauche ultérieure) inférieure à 50 %, (voire 25 %).

Vous n'êtes pas encore convaincus ?

Sachez alors qu'Air France reçoit chaque semaine environ 10 nouveaux dossiers de candidature et que les premières sélections externes organisées depuis septembre n'ont jusqu'à présent permis de ne retenir que 20 % des candidats, sans ou avec peu d'expérience (- de 1000 HDV) ayant acquis leur PP IFR tardivement (après 25 à 28 ans).

Soit 80 % d'échecs dans cette "catégorie" ! D'autre part, à moyen terme, les besoins planchers de recrutement à Air France seront vraisemblablement couverts par les formations ab-initio (EPL et pilotes cadets).

Enfin, le dispositif d'accès à l'emploi qui devrait être mis en place prochainement par les compagnies (FNAM) et l'administration (DGAC, ministères, ANPE...) devrait concerner 600 pilotes ayant obtenu leurs licences avant le 1er janvier 97.

Ils devraient donc normalement pourvoir l'ensemble des besoins de ces compagnies à court et à moyen terme.Pour le moyen/long terme, la FNAM travaille à la mise en place d'un dispositif de formation en alternance (filière contrat d'apprentissage).

Il est donc urgent pour tout candidat pilote de ne rien faire en matière d'auto-formation et de ne pas s'investir dans les formations coûteuses

A bon entendeur....