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Phénix Aviation et délocalisations : le SNPL et l'USPNT interpellent le Gouvernement

 

Le Conseil Supérieur de l’Aviation Marchande (CSAM), chargé de donner un avis au ministre des transports chaque fois que nécessaire, doit se réunir le 6 septembre prochain. A l’ordre du jour : l’implantation à Orly d’une compagnie, Phénix Aviation, exploitant un seul avion taxi à hélices de 9 places, qui a prévu d’exercer son activité en affrétant un A330 loué avec équipages (ACMI) à la compagnie espagnole Iberworld, propriété du fonds d'investissements Carlyle et de Vista.
Le but de cette opération est de venir concurrencer Corsair et Star Airlines sur le terrain des vols touristiques, en s’affranchissant des contraintes nationales : charges sociales, caisse de retraite, Code de l’aviation civile…

Alors que le transport aérien - hors groupe Air France - est à l’agonie, une décision favorable à la création d’une compagnie quasi-fictive tuerait définitivement les compagnies charter encore existantes. Les maisons mères de Corsair et Star, respectivement TUI et Avion Group, ont d’ailleurs déjà fait savoir qu’en cas de décision favorable à ce projet, elles transfèreraient progressivement l’ensemble de leurs avions immatriculés en France dans des pays moins regardants aux coûts inférieurs, avec le cortège de licenciements que cela implique.

Le SNPL et l’USPNT tiennent une nouvelle fois à faire connaître leur opposition la plus formelle à cette forme de délocalisation et ont adressé au Gouvernement plusieurs courriers en ce sens afin qu’il prenne ses responsabilités.

En termes de sécurité des vols, il est tout simplement impossible qu’une société qui n'exploitait jusqu’à présent qu'un seul bimoteur léger, ait les compétences techniques pour satisfaire d’emblée aux règles exigeantes requises pour opérer techniquement et opérationnellement des vols ETOPS (vols transatlantiques).

D’autre part, le fondateur associé de Phénix Aviation affirme que, d’ici un an, Iberworld recrutera des pilotes français et qu’il délocalise pour une courte durée. Mais, outre le fait que les manuels de vols seront dans la langue du pays, nous pouvons d’ores et déjà affirmer que les syndicats espagnols, confrontés au même taux de chômage que nous, s’opposeront à de telles embauches.

Parallèlement, ce dernier explique qu’il fait ce que bon nombre d’autres compagnies font. Mais, alors que ces dernières affrètent des avions de compagnies étrangères en complément à leur exploitation et dans une proportion de 1 à 10 % de leur flotte, l’Airbus de Phénix représentera à lui seul 100 %.

 

On ne peut que s’ étonner de constater que cet ancien dirigeant qui a tenu avec le succès que l’on connaît les rênes de Star Airlines, ait recours à un montage aussi complexe et donne un exemple de concurrence déloyale aux autres compagnies françaises, alors qu’il a le savoir-faire et les moyens pour créer une compagnie respectant les règles et n’engendrant pas une telle dilution des responsabilités.

 

C’est pourquoi, dans le cas où le ministre des transports déciderait d’entériner la Licence d'exploitation de Phénix Aviation, le Syndicat National des Pilotes de Ligne et l’Union Syndicale du Personnel Navigant Technique lanceront un conflit national conformément au mandat de leur conseil.

Le ministre des transports portera alors la responsabilité d’avoir mis en péril paix sociale et sécurité des vols dans le transport aérien français.


 
 
Les Bureaux Nationaux du SNPL et de l’USPNT
24 août 2006
 
 

Contact Presse :
Jérôme Bansard 06 76 85 35 43

Publié le 24/08/2006 - Accès Public