Sourds et aveugles !
Sourds et aveugles !
La lettre signée par nos deux (trois) directeurs a légitimement provoqué la colère des pilotes et mis le feu aux poudres. L’incendie se propage dans toute l’entreprise, avec l’aide « bienveillante » des médias et d’Airbus. Sans réaction, la compagnie est en danger. Quelle inconséquence !
Répétons-le, les pilotes, partout dans le monde, sont imprégnés de cette culture de la remise en question et du retour d’expérience. Tout simplement parce que depuis les tous débuts de l’aviation, ils payent le prix fort des défauts technologiques et de leurs erreurs.
Dans la tragédie du Rio, l’absence de boites noires complique la compréhension des causes de l’accident et sème le doute. Elle n’interdit ni la remise en question ni la réforme, car le premier de nos devoirs est d’offrir la sécurité à nos passagers.
La compagnie, l’avionneur et le gouvernement doivent bien comprendre que les pilotes n’accepteront pas de servir de boucs émissaires.
Nous avons rencontré récemment l’exécutif de la compagnie, au plus haut niveau.
A ce stade, nos « managers », surconfiants, restent sourds et aveugles. La remise en question, c’est pour les autres, et l’urgence consiste à sauver le soldat Etienne !
Parce que rien ne doit, parce que rien ne peut changer…
Face à un tel déficit de management, si l’immobilisme est confirmé, nous n’aurions dans un premier temps pas d’autres choix que d’appeler le gouvernement à prendre ses responsabilités d’actionnaire principal.
Nos demandes sont raisonnables, justifiées et frappées au coin du bon sens :
- Gilbert Rovetto, Etienne Lichtenberger et Pierre-Marie Gautron ont détruit le lien de confiance : ils doivent quitter leur fonction. Un nouveau Dirigeant Responsable doit être nommé. Une nouvelle équipe resserrée et restreinte de cadres, estimés et respectés par leurs pairs, doit prendre les choses en main au sein de la DG.QO pour assurer la trajectoire à court terme et le retour aux fondamentaux.
- Un audit externe, et non pas un nième comité Théodule interne, doit débuter immédiatement son analyse afin de rendre ses conclusions dans un délai raisonnable. Champ large, moyens illimités…
- Toutes les organisations professionnelles, sans exception, doivent y être associées. Car, sur le cœur de métier, il ne peut exister de dissensions entre pilotes.
- Des signes évidents de changement et de prise en compte des professionnels que nous sommes doivent être envoyés. De toute urgence.
Ce n’est qu’à ce prix que reviendra la confiance, donc le calme et la sérénité indispensables à la sécurité de nos vols.
Le Bureau AF ALPA.