Phénix Aviation : Une compagnie virtuelle mais une délocalisation bien réelle.

Le SNPL et l'USPNT refusent les délocalisations des emplois PN et interpellent le gouvernement.
Dans un courrier au ministre des transports en date du 23 août 2006, le SNPL et l'USPNT ont tenu une fois de plus à faire connaitre leur opposition la plus formelle à l’autorisation que sollicite la compagnie Phénix Aviation.
Le 24 aout 2006, un second courrier, cosigné également par le président du SNPL et celui de l'USPNT, attire l'attention du Premier ministre sur le soutien apporté par le CSAM au projet PHENIX AVIATION qui n'est qu'une délocalisation de compagnie aérienne avec dilution de responsabilités.

Rappel des faits :

Le Conseil Supérieur de l'Aviation Marchande (CSAM), chargé de donner un avis au ministre des transports, doit se réunir à nouveau le 6 septembre prochain. A l'ordre du jour : l'implantation à Orly d'une compagnie aérienne, Phénix Aviation, exploitant actuellement un bimoteur léger Beechcraft King Air (JAR 23) de 9 places Phénix Aviation demande la modification de son licence d'exploitation pour pouvoir exploiter un Airbus A330, loué avec équipage (ACMI) à la compagnie espagnole Iberworld, propriété, depuis le 27 juillet 2006, du fonds d'investissements Carlyle et de Vista.

Le SNPL a réalisé un constat d'huissier afin de démontrer que le but de cette opération est de venir concurrencer Corsair et Star Airlines sur le terrain du charter long courrier à destination de l'Amérique centrale et du sud, en s'affranchissant des contraintes nationales : URSSAF, Caisse de retraite, Code de l'aviation civile etc.

Le SNPL et l'USPNT ont attiré l'attention des pouvoirs publics sur les dangers directs de ce genre d'exploitation, notamment au niveau social et sécurité des vols et aussi sur ce qu'on peut appeler les "dommages collatéraux". En effet, une décision favorable à la création d'une compagnie quasi-fictive comme Phénix pousserait les maisons-mères de Corsair et de Star, respectivement l'allemand TUI et l'islandais Avion Group, à transférer progressivement l'ensemble de leurs avions immatriculés en France dans des pays moins regardants aux coûts inférieurs, avec le cortège de licenciements que cela va impliquer.

Dans le cas où le Ministre des transports autoriserait cette opération préjudiciable à l'emploi et à la sécurité des vols, le Syndicat National des Pilotes de Ligne et l'Union Syndicale du Personnel Navigant Technique à la tête d'une profession unanime et largement mobilisée sur le sujet, lanceront un conflit national conformément au mandat de leur Conseil.

Le SNPL et l'USPNT tiennent à faire connaître leur opposition la plus formelle à cette type d'exploitation - dans les faits, une délocalisation - et demandent au Gouvernement de prendre ses responsabilités.

Publié le 24/08/2006 - Accès Public