1/ Non respect des engagements à la fois du Gouvernement et du candidat Sarkozy.
Le Président Sarkozy, au cours de la campagne électorale précédant son élection, s’est positionné très clairement en faveur du maintien d’une limite d’âge à 60 ans.
Monsieur Dominique Bussereau, secrétaire d’état au transport, s’est engagé dans une lettre du 3 décembre 2007 à la concertation avec l’ensemble des partenaires sociaux avant de modifier l’âge limite des personnels navigants.
Nous ne pouvons que constater le vote d’un amendement soutenu par le gouvernement portant la limite d’âge à 65 ans sans concertation préalable, dans la précipitation, et le tout en parfaite contradiction tant avec les engagements du candidat Sarkozy qu’avec ceux de Dominique Bussereau !
2/ La limite d’âge… toujours en débat au niveau européen.
L’AESA (agence européenne de sécurité aérienne) ne s’est toujours pas prononcée sur la délicate question de l’âge limite. Les propositions de l’AESA sont aujourd’hui en consultation pour avis et observations.
De surcroît, il est important de rappeler que cette agence européenne a un champ de compétence strictement limité aux normes techniques. La question de l’âge limite ici développée vise une norme sociale.
Nous ne pouvons que déplorer que le gouvernement s’engage dans la voie de la modification de la limite d’âge avant même que l’agence européenne ait rendu à la commission européenne sa recommandation.
Il faut souligner par ailleurs qu'au sein des compagnies majors européennes, les pilotes cessent effectivement leur activité à, ou avant, 60 ans.
3/ Une nouvelle limite à 65 ans pour piloter… sans aucune étude scientifique.
La dégradation des performances mentales et cognitives liées à l’âge est un fait avéré et reconnu de tous. De plus, aucune étude scientifique validée n’existe à ce jour sur l’aptitude à l’exercice de ce métier au-delà de 60 ans. Corroborant ce fait et laissant présager de l'existence d'un risque, l’OACI interdit que les deux pilotes volant ensemble soient âgés de plus de 60 ans.
Le principe de précaution doit prévaloir et interdit de modifier sans validation scientifique l’âge limite pour piloter.
4/ L’emploi des pilotes seniors : les jeunes pilotes menacés.
Les conséquences de la modification de la limite d’âge sur l’emploi des jeunes pilotes, qui n'ont d'autre choix que d'emprunter des sommes énormes aux fins de se former, sera dramatique, et ce d’autant plus au regard de la crise dans le transport aérien, comme partout ailleurs, qui s’installe chaque jour plus profondément et durablement.
Au-delà des conséquences en terme d’emploi, l'impact sera également très fort en terme de déroulement de carrière.
En conclusion :
La complexité et l’importance du sujet de l’âge limite de cessation d’activité des pilotes de ligne nécessitent une véritable réflexion, une concertation de l’ensemble des acteurs, loin de toute démagogie et précipitation, préjudiciable à tous.
Le SNPL France ALPA n’a de position dogmatique sur aucun sujet, mais au contraire, demande et a toujours demandé - et sur ce thème particulièrement - la mise en place d’un dialogue social constructif, dialogue social prôné d’ailleurs par le Gouvernement lui-même.le gouvernement doit respecter ses engagements pour instaurer un véritable dialogue social et une vraie concertation.
Publié le 13/11/2008 - Accès Public

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