En ce troisième jour de conflit national, un point sur la situation.
Les représentants syndicaux du SNPL France ALPA ont rejeté à une forte majorité les dernières « propositions » du gouvernement, constatant qu’elles n’étaient qu’un habillage différent d’une même volonté d’imposer aux pilotes le déplafonnement sans contrepartie. Le fond reste toujours le même :
- une décision autoritaire de déplafonnement qui n’est ni nécessaire ni utile et qui ne justifie aucune précipitation. Personne ne contestant ce point, seul le dogmatisme guide aujourd’hui l’action du gouvernement, enfermé dans une « cohérence » idéologique sur le sujet des limites d’âge.
- des intentions de négociations. Oui, mais seulement à l’issue de la prise de décision législative et du vote de l’amendement gouvernemental lundi au Sénat.
Plus grave encore, en dépit des promesses du gouvernement, la décision du parlement pourrait donc intervenir sans concertation préalable avec les organisations représentatives des pilotes et surtout sans analyse sur les nombreuses conséquences :
- Des conséquences en matière d’emploi, de carrière, d’embauche :
Tout le monde s’accorde sur le fait que pour un pilote qui poursuit au-delà de 60 ans, ce sont tous les autres pilotes qui voient leur carrière ralentie, jusqu’à l’embauche du jeune pilote…
Des solutions existent. Elles ont été trouvées notamment par nos collègues hollandais au travers du temps partiel mensuel. Ces solutions sont du ressort exclusif du législateur et nous ne pouvons pas nous satisfaire de simples intentions, quand les précédentes promesses n’ont pas été honorées.
- Des conséquences en matière de sécurité, de santé
Le législateur avoue lui-même ses doutes et ses craintes quand il prévoit qu’un seul des deux pilotes peut avoir plus de 60 ans dans le cockpit. Pourquoi ces questions ne sont-elles pas posées en amont ?
Par ailleurs, sur le plan médical, les langues se délient progressivement à l’approche de l’officialisation du déplafonnement suggérant que la situation de nos aînés sur le plan médical n’est pas aussi idyllique que certains le disent. Alors, quand le gouvernement prévoit une étude a posteriori du déplafonnement, nous répondons que cette méthode est irresponsable.
- Des conséquences en matière de régime de retraite et une remise en cause de la réforme CRPN
Nul ne l’ignore maintenant et nous l’avons rappelé dans un précédent tract, la réforme CRPN est remise en cause par le gouvernement. La volonté du gouvernement nous a été clairement signifiée, le Ministère du Travail rêvant même d’un basculement AGIRC/ARRCO des PN.
Après avoir pris des engagements vis-à-vis des PNC sous préavis, ce sont les objectifs de la réforme validée en janvier dernier par le conseil d’administration qui sont remis en cause. Anéantissant cinq années de travail, le retour à l’équité entre populations de la caisse et la pérennité de notre caisse apparaissent comme des dommages collatéraux du déplafonnement.
TOUT CECI EST SIMPLEMENT INACCEPTABLE.
Si les pilotes ne réagissent pas unanimement, nous ne serons plus jamais en mesure de contrer ceux qui visent à dégrader autoritairement notre statut social.
Le SNPL France ALPA a fait un pas important vers la négociation en sortant d’une position dogmatique sur les 60 ans. Nous nous sommes déclarés prêts à la négociation.
La condition de cette ouverture vers la liberté de choix de ceux qui veulent poursuivre au-delà de 60 ans, c’est la garantie que les effets et les conséquences de cette liberté n’aient pas de conséquence négative sur TOUS les autres pilotes et sur l’équilibre de notre CRPN.
C’est le rôle d’une organisation syndicale comme la nôtre que de mettre l’intérêt collectif en cœur de sa démarche.
Les pilotes réagissent aujourd’hui par leur forte mobilisation au travers de la grève.